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La religion des ancêtres

  • Toufik Amrouni
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Il va sans dire que la source fondamentale de la législation islamique se limite à la révélation du Livre et de la Sounna. En effet, toute législation qui ne s’inspire pas de ces deux fondements est abolie et mise à l’écart ; se passer de ces deux sources pour chercher la bonne voie ailleurs conduit à l’égarement et à la déchéance. L’étonnement ne cesse de grandir face à ceux qui veulent nous convaincre aujourd’hui de la nécessité impérative d’adopter comme culte les actes, les paroles et les traditions légués par nos ancêtres quoique opposés au Livre saint et à la Sounna authentique, au nom de la préservation d’une référence religieuse [nationale].  

Un minimum de réflexion dévoile à chaque homme doué de raison la fausseté de cette théorisation qui s’apparente à une parole vigoureusement réfutée par le Qour’ên et propagée par les ignorants. Allâh – Elevé soit-Il – a dit : [Et quand on leur dit: «Suivez ce qu'Allah a fait descendre», ils disent: «Non, mais nous suivrons les coutumes de nos ancêtres.»] (s. El-Baqara – la Vache – v. 170) et Il a dit : [Mais plutôt ils dirent: «Nous avons trouvé nos ancêtres sur une religion, et nous nous guidons sur leurs traces».] (s. Ez-Zoukhrouf –L’ornement – v. 22).  

En effet, il n’est pas évident que tout l’héritage légué par nos ancêtres soit conforme à la religion, qu’il soit permis de l’adopter et de le pratiquer, ou qu’il soit à fortiori obligatoire. Car nombreuses étaient les causes accumulées tout au long des étapes de notre histoire, comme l’ignorance diffuse, le manque de savants, l’hégémonie imposée par les marchands de la religion tels les soufis, certains chiites issus de la dynastie fatimide, le colonialisme destructeur et inique, etc. ces causes suffisaient largement pour que les innovations religieuses s’infiltrent dans l’islam et brouillent certaines de ses vérités.

La vérité consiste plutôt à juger les traditions héritées à la lumière du Texte révélé. On doit préserver ce qu’il préserve et rejeter ce qu’il rejette, et implorer la miséricorde et le pardon pour nos ancêtres pieux, hommes de foi, et préserver leur titre de noblesse.

C’est pourquoi les hommes réformateurs n’ont pas l’habitude de s’accommoder toujours avec les dires des pères et des chouyoukhs. Ils choisissent de suivre la vérité sans égard pour les hommes, de préserver la religion contre les ajouts et les diminutions, de restaurer les traditions prophétiques et de combattre les hérésies. Parmi ces braves hommes, nous citons les savants de l’association des oulémas au temps d’Ibn Bêdîs et d’El-‘Ouqbî – qu’Allâh leur fasse miséricorde –. Ces hommes ont déployé de grands efforts pour défendre la Charia, dénoncer les hérésies abominables et les fausses idées héritées et diffuser la Sounna authentique afin de préserver la référence religieuse de la communauté islamique dans un élan de réforme et d’unification ; la Sounna est un facteur de stabilité sociale et intellectuelle.

Il est malsain de croire que l’unité et la stabilité se réalisent par la promotion des hérésies abjectes et des traditions héritées des ancêtres, cela est une chimère et une falsification morbide de la religion musulmane. En effet, tenir à l’abri les lésions et les affections accélère le processus de déconstruction [des sociétés]. La devise proclamée par les réformateurs en Algérie et ailleurs est celle adoptée par l’imam Mêlik – qu’Allâh lui fasse miséricorde – : « Ce qui n’était pas légal à la première époque, ne l’est guère aujourd’hui. » C’est sur la base de cette devise globale que notre référence religieuse sera édifiée et ses textes rédigés, sinon nous prions pour le salut de notre communauté…  

Puisse Allâh guider nos cœurs, éclairer nos raisons, orienter nos paroles et nos actes.