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Les jeunes musulmans et les défis contemporains

  • Athmane Aïssi
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Écrit par le cheikh

Athmane Aïssi

Traduit de l’arabe par

Aboû Fahîma Abd Ar-Rahmên El Bidjê’î

Relu par Hassan Aboû Mouhammed

 

Certes, l’étape de la jeunesse constitue la période d’or de l’âge humain. C’est elle qui retrace et fixe les lignes de son avenir étant donné que le jeune se distingue pendant cette période par une grande vigueur, par le zèle et la force, par le dynamisme, par la prise de conscience et la considération de ses opinions, par la finesse des sentiments et des émotions et, enfin, par le dévouement pour la cause d’enraciner ses croyances et concrétiser ses principes et les idées qu’il porte.

 

En effet, en cette phase de la vie, les jeunes manifestent des manières d’agir liées par nature à leur façon de concevoir les choses, et à la vision qu’ils ont des événements qui se produisent autour d’eux, ainsi qu’à leur façon de penser concernant des sujets divers. Ils possèdent des critères propres à eux avec lesquels ils évaluent les choses. Souvent, ces derniers sont l’interprétation de leurs croyances à cette période justement ; et ce en excluant le fait qu’ils soient conformes ou non à la vérité. Ce sont l’effet et le résultat de l’atmosphère générale et de l’orientation qui règnent.

 

C’est pourquoi l’islam accorde une importance de premier plan au fait d’enraciner comme croyance pour les croyants le principe d’allégeance à la religion d’Unicité. Cela afin que l’islam demeure l’axe de la vie du musulman. Il vit et meurt pour sa cause jusqu’à ce qu’il rencontre son Seigneur.

 

Sans aucun doute, les jeunes sont l’énergie et la force de la nation, son soutien et la source de sa puissance. Allâh -Le Tout-Puissant- a fait qu’ils soient l’une des plus grandes causes qui mènent au summum des vertus. D’ailleurs, aucune communauté n’est exclue de cette règle. De même, ils sont l’une des plus importantes composantes dans l’édification de la gloire de la nation (musulmane) et dans l’élaboration de son Histoire. Car, les jeunes d’aujourd’hui seront les hommes de demain « et ils sont la base même sur laquelle on érige son futur, et c’est pour cette raison que les Textes de la charia ont mis l’accent sur le fait de leur accorder une bonne assistance, et de les orienter vers ce qui constitue le bien et la piété ; en effet, quand les jeunes sont sur la bonne voie, alors qu’ils forment le fondement de la communauté sur lequel l’on construit son avenir -après l’assistance d’Allâh, bien entendu,- et que leur piété soit érigée sur des bases solides de religion et de bons caractères, ceci fera que la nation ait un lendemain prospère. »1

Ainsi, donner de l’importance aux jeunes et être attentif à leur égard est, très certainement, un indice de bien au sein de la communauté musulmane et un signe qui renseigne sur son succès. Car, il fait partie des voies de la prospérité de la nation, autant dans son présent que dans son futur, celle de la prospérité des jeunes. C’est à partir de la catégorie des jeunes que l’on forme l’ouvrier et le maçon, l’ingénieur et le médecin, l’enseignant et l’éducateur, l’industriel et l’artisan, l’écrivain et l’informateur, l’étudiant en science islamique et le savant divin ainsi que d’autres classes de jeunes travailleurs et utiles pour leur pays et leur nation, et non celles de jeunes désœuvrés et reclus qui restent à l’écart du progrès et du développement, qui renie leur originalité et leur identité.

 

Cela dit, l’islam s’est grandement préoccupé de cette étape sensible et lui a attribué une attention particulière, afin qu’elle soit exploitée de la manière la plus accomplie, et qu’on en tire les meilleurs bénéfices ; et ce par le fait de supporter les charges et les impositions, et de s’acquitter des obligations et des responsabilités de la façon la plus convenable.

 

Par ailleurs, la tâche d’arracher les jeunes des voies déroutantes de la tentation et les installer dans les enceintes de la guidée exige, certes, de les faire monter graduellement sur l’échelle des vertus suprêmes, suivant des fondements et des règles propres à réguler les prémices et les fins. Cela dans le but qu’ils ne soient pas perdus dans un tumulte de façonnements dont des opinions, éparses, et des théories, abominables, tentent de forger la mentalité musulmane tout à fait à l’écart de ce qu’Allâh -à Lui la Majesté- a voulu semer dans cette religion musulmane monothéiste. Abou cInaba el Khewlênî a dit : « j’ai entendu le Messager d’Allâh -prière et salut d’Allâh sur lui- dire ‘’Allâh ne cessera de semer dans cette religion des semences (des croyants) qu’Il emploie dans Son obéissance’’ »2.

 

Sans doute, la valeur de toute semence est subordonnée à celle de son utilisation. Ainsi, si l’on s’en sert dans l’obéissance espérée, elle sera une source de grâce pour la communauté ; elle fructifiera un comportement et des caractères positifs et efficients, qui laissent leurs bons effets dans les sociétés musulmanes, même si leurs territoires sont lointains et leurs langues sont différentes.

 

Voilà le façonnage que nous désirons et la couleur que nous voulons. Un façonnement qui encrera dans les âmes des jeunes le sens de la vraie adoration vouée à Allâh -à Lui Majesté et Puissance-, qui sèmera, de plus, la notion d’unifier le Prophète -prière et salut d’Allâh sur lui- dans le suivi, et de pratiquer sur terre le mode d’Allâh -Le Tout Puissant-, avec les plus beaux sens et les meilleurs choses qu’il contient, tel que de réaliser le Tawhîd  (unicité) qui est le droit d’Allâh sur Ses serviteurs, de pratiquer la charia d’Allâh autant en apparence qu’en secret et de se conformer, encore une fois, à la conduite du Prophète Élu -prière et salut d’Allâh sur lui- ; et tout ceci dans le cadre et la limite de la compréhension des prédécesseurs de cette nation, qu’Allâh les agrée tous.

 

En outre, l’Histoire islamique qui abonde en réalisations bénéfiques a marqué, à travers les temps, un aveu de reconnaissance à une pléiade de jeunes croyants qui préférèrent concrétiser les causes du raffermissement, notamment la foi en Allâh – Très-Haut soit-Il-, et l’intérêt porté à la science bénéfique et aux bonnes œuvres, de même que de veiller à atteindre aux plus hauts degrés les bons desseins, sans ne jamais s’abandonner à la paresse et la négligence, ni de se laisser porter par les choses sans importance, tel qu’Allâh -Le Tout Puissant- a dit de Ibrâhîm (Certains dirent : « Nous avons entendu un jeune homme médire d’elles (leurs idoles); il s’appelle Ibrâhîm ». Ils dirent : « Amenez-le donc sous les yeux des gens afin qu’ils puissent témoigner. (Ainsi) ils  l’interrogèrent : « est-ce toi qui as fait cela à nos divinités, Ibrâhîm ?») El Anbiyê’ (Les Prophètes) V. 60-62 ; et Il a dit des gens de la Caverne (Nous  allons te raconter leur récit en toute vérité. Ce sont des jeunes gens qui croyaient en leur Seigneur ; et Nous leur avions accru la guidée. Nous avions fortifié leurs coeurs lorsqu’ils s’étaient levés pour dire : « Notre Seigneur est le Seigneur des cieux et de la terre : jamais nous n’invoquerons de divinités en dehors de Lui, sans quoi, nous transgressions dans nos paroles) El Kehf (La Caverne) V. 13-14. Cela en s’armant d’une foi inébranlable, d’une certitude enracinée et d’un esprit plein de fierté pour la religion3.

 

En vérité, les pratiques d’Allâh -à Lui la Puissance- dans cet Univers sont imbattables. Parmi celles-ci l’on trouve l’impulsion mutuelle entre le bien et le mal, comme a dit Allâh -Le Très-Haut- (Et si Allâh ne neutralisait pas une partie des hommes par une autre, la terre serait certainement corrompue) El Baqara (La Vache) V. 251. Il est alors inévitable que des défis et des obstacles s’interposent sur le chemin, contraignant la marche de ceux qui l’empruntent, et les détournant du rôle qu’ils doivent effectuer ou les empêchant d’accomplir la mission qui leur est attribuée, tel que de répandre sur terre la foi et les œuvres pies. Toutefois, ces difficultés sont en mesure de discerner le bon du mauvais, de distinguer  la vraie appartenance à la religion de celle qui est fausse et mensongère.

 

C’est cette dualité qui existe dans la répulsion entre le bien et le mal qui préserve le monde du trouble et du désordre, et le protège de l’unification dominante avec tous ses aspects et figures contemporains, comme la globalisation et la mondialisation avec leurs divers et variés formes et mécanismes négatifs, de même que la politique du monopole qui tente sans cesse de s’emparer de la gestion de toutes les affaires sur les plans économique, social et culturel, au point que le monde est devenu à l’ombre de cette globalisation tel un petit village soumis au pouvoir du capital et à l’idée de « la liberté individuelle » ; bâtis sur le pragmatisme et l’intérêt personnel. En fait, ces acides ont failli dissoudre les valeurs islamiques, renverser les mesures et les critères religieux et les remplacer par de nouvelles notions que l’on veut faire passer aux jeunes musulmans, et de surcroît par des méthodes perfides afin de corrompre leur saine nature, de leur voler leur liberté incarnée dans leur adoration à leur Seigneur -Le Tout Puissant-, et enfin, afin d’effacer leur personnalité islamique qui est, à vrai dire, le bastion de leur dominance, de leur puissance et de leur élévation.

 

En dépit de tout cela, ces différents moyens et tentatives d’égarer les jeunes musulmans sont devenus une affaire dévoilée et dénoncée, partant des discours insidieux qui prônent d’abandonner les caractéristiques de la personnalité musulmane avec toutes ses normes, et ce sous le slogan du rapprochement entre les religions et les civilisations, et au nom de la diversité culturelle [et de l’interculturalité !] et de la laïcité intellectuelle qui appellent à s’éloigner du discours religieux sous prétexte qu’il est l’un des sources de la dissension ! et du terrorisme chez l’autre ! au point que les pays qui n’admettent pas cette instigation à la diversité culturelle, et ne répandent pas sa devise ou ne l’intègrent pas dans les réformes effectuées dans le domaine scolaire, sont considérés comme étant en infraction vis-à-vis des chartes internationales à ce sujet. On considère qu’ils ne s’y conforment pas et ne les respectent pas !

 

C’est pourquoi ils invitent les jeunes musulmans, et à travers d’innombrables occasions, à admettre et proclamer ces principes égareurs, afin qu’ils fassent preuve de leur modération ! et de montrer qu’ils ne sont pas irréguliers dans leur pensée ni extrémistes ! De plus, on prône la vulgarisation des « valeurs » occidentales qui sont étrangères aux us des communautés musulmanes, pour ainsi donner naissance à un nouveau procédé parmi les moyens de l’invasion culturelle et idéologique classique ; parfois à travers les médias avec toutes leurs composantes, notamment les chaînes satellitaires et parfois par les moyens de télécommunication ou encore via la toile (Internet). Ces procédés ont failli dominer les goûts des jeunes et leur mode de vie, de par le fait de diffuser et d’exporter massivement des effets néfastes sur la religion et le bon comportement.

 

Ces chaînes télévisées dont la tendance prépondérante aujourd’hui est de répandre à grande échelle le désir à outrance, d’effacer la vertu, de prôner la débauche en tentant de noyer les jeunes dans les marécages de la sensualité animale, et ceci sous le cachet de slogans qui sont, eux aussi, faux et fallacieux tels que « vis ta vie et ton instant », « l’homme ne vit qu’une seule fois » ! Et ainsi de suite dans une nomenclature trop longue à déchiffrer et à décrire.

 

Il est également des aspects de ces défis, le fait de tenter d’occuper les jeunes par des futilités sous diverses formes, tel que de les faire participer par téléphone aux concours que l’on diffuse à travers les chaînes satellitaires, les induire dans toutes sortes de passions et de désirs par le biais des inventions (voitures de différentes gammes, téléphones portables, ordinateurs portables, etc.) ; tout cela est considéré, par eux, comme un moyen de se réaliser, ce qui, par ricochet, amènera les jeunes à se désintéresser des perfections, à voir les affaires importantes de la nation d’un regard superficiel et naïf, et les traiter avec un esprit médiocre duquel on ne s’attend pas, du tout, à atteindre les apogées des grandeurs !

 

Sans aucun doute, ce flagrant défi lancé aux jeunes musulmans les met face à l’obligation de connaître et d’apprendre ce qui leur est obligé de faire, comment le contrer d’une manière efficace, positive et édifiante. Car, dans la pensée des jeunes, le fait de faire front à ce défi est souvent accompagné d’austérité et d’agressivité, de l’utilisation de paroles et d’actes agressifs et ceci fait partie de l’excès de zèle qui ne produit que la déception et la décadence, étant donné que leurs réactions ne sont pas normées par le charia monothéiste. Chose qui est réelle et observée, et c’est pour cette cause que les Salafs (les pieux prédécesseurs) considéraient que cette étape de la jeunesse doit être cadrée par le suivi de la Sounna, tel que Sehl et d’autres -qu’Allâh leur fasse miséricorde- ont dit.

 

Cela revient au fait que le suivi et le cramponnement à la Sounna empêchent de glisser dans les ténèbres de la sottise et de l’ignorance, de tomber dans les obscurités de la dissension et des meurtres. Et cela enferme en outre un autre type de défi qui touche la voie des jeunes et leur croyance, lequel se manifeste dans la sphère de la dangereuse pensée terroriste bâtie sur le socle du takfîr (anathémisation, excommunication, etc.) et du bombardement. Cette pensée est, notons-le, complètement dépourvue des repères de la Sounna du Prophète -prière et salut d’Allâh sur lui- et du Livre éclairant, le Qour’ên.

 

De même, la force des jeunes musulmans consiste dans leur attachement, avec fermeté et rigueur, à leur religion et à la Sounna de leur Prophète -prière et salut d’Allâh sur lui- à laquelle ils doivent s’appliquer fortement, tout en se consacrant entièrement à la science bénéfique, en passant leur temps dans la pratique des bonnes œuvres, et en ayant un esprit plein de volonté et d’ambition pour les hautes vertus, afin d’atteindre  l’excellence.

 

Enfin, ils ne doivent point se laisser à l’indifférence ou à la négligence quant au fait de répandre dans les âmes l’espoir, afin de les enthousiasmer pour cette religion de vérité, et d’y accroître leurs connaissances. Cela par le moyen de les inviter à elle avec preuve et science, avec guidée et clairvoyance.

 

Voilà ce qui incombe aux jeunes et leur suffit pour entreprendre une vie digne et fière. Sans proclamer aucun racisme ni régionalisme. Sans souscrire à aucun esprit de parti ni aux autres devises qui incarnent l’imitation des idées destructrices, basses et positivistes.

 

Et qu’Allâh prie et salue notre Prophète Mouhammed, sa famille et tous ses compagnons.

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  1. Parmi les problèmes des jeunes, d’ibn cOutheymîn, p. 4.
  2. Hadith de bonne chaîne narrative, rapporté par Ahmed (17787) et ibn Mêdja (08).
  3. Lire à ce sujet La fierté d’appartenir à la religion musulmane, écrit par le cheikh Toufik Amrouni, disponible sur cette rubrique.