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Le phénomène d’insulter la religion

  • Azzedine Ramdani
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Parmi les choses qui sont incompatibles avec l’exaltation et la glorification d’Allah Le Très-Haut, qui réduisent Son degré et qui s’opposent à Son ordre, il y a ce qui se répand chez beaucoup de gens insouciants qui ignorent Allah ainsi que Son degré et qui –avant cela- délaissent Ses ordres et Ses interdits, et c’est d’insulter Allah Le Très-Haut ou insulter Sa religion et nier ce dont Il est en droit en termes de vénération et de respect et L’insulter et Lui adresser des paroles à l’audition desquelles les cieux et la Terre se fendent et que Satan fait courir sur les langues de ceux qui n’estiment pas Allah Le Très-Haut comme Il devrait l’être et qui ne s’arrêtent pas à Son ordre.

Et il (Satan) a dupé beaucoup d’entre eux en leur faisant croire qu’ils n’ont pas pour intention le sens de ces paroles ni qu’ils dénigrent Le Seigneur Exalté soit-Il et peut-être qu’ils ne comptent ces paroles que parmi les clameurs et les paroles futiles qui n’ont comme conséquence aucun jugement et ne résultent en aucun péché pour celui qui les profère.

Et tout ceci- et c’est Allah Seul qu’il faut appeler au secours !- car le cœur est vide de la glorification de Celui qui donne l’ordre Exalté soit-Il et vide de la glorification de Son ordre et de Son interdit car n’apparaît l’impiété envers Allah qu’en raison de l’ignorance au sujet d’Allah et de Ses Noms et de Ses Attributs et de la sous-estimation de Son degré et du délaissement de Ses jugements et de Ses limites alors que Noé a dit à son peuple (ce dont la traduction du sens est) : «Qu’avez-vous à ne pas vénérer Allah comme il se doit ?» [Nouh, v.13]. C’est-à-dire : Qu’avez-vous à ne pas L’estimer à Sa juste valeur ?

Certes, l’insulte –et c’est toute parole ou action par laquelle sont voulus le dénigrement du Créateur ainsi que son mépris ou le mépris de Sa religion ou de Sa législation ou de Ses messagers- fait partie de la mécréance au sujet de laquelle les savants de l’Islam sont unanimes quant à la sévérité de son péché et à la laideur de sa caractéristique et ce que l’insulte soit une moquerie sérieuse ou une plaisanterie et une raillerie ou une insouciance et une ignorance. Il n’y a aucune différence entre les différents desseins et les différentes intentions à ce sujet car ce qui est pris en considération c’est ce qui est apparent et pas de présomption quant au for intérieur. Et si les transgressions apparentes explicites devaient être ramenées aux prétentions quant au for intérieur qui s’opposent à ce qui est apparent, alors les noms légiférés tomberaient et les jugements et les châtiments et les limites seraient rejetés et les droits et les dignités seraient annihilés et le musulman ne serait pas distingué du mécréant ni le croyant ne serait distingué de l’hypocrite.

Et Allah Le Très-Haut a jugé comme étant mécréants ceux qui se sont moqués de Lui et de Son Livre et de Son Messager et Il n’a pas accepté leur excuse selon laquelle ils n’avaient pas l’intention d’être sérieux (dans ce qu’ils disaient) et Il a dit (ce dont la traduction du sens est) : «Et si tu les interrogeais, ils diraient très certainement: «Vraiment, nous ne faisions que bavarder et jouer.» Dis: «Est-ce d’Allah, de Ses versets (le Coran) et de Son Messager que vous vous moquiez?» Ne vous excusez pas: vous avez bel et bien rejeté la foi après avoir cru». [At-Tawbah, v.65-66].

Et si cela est au sujet de la moquerie et de la raillerie, alors c’est encore plus grave quant à l’insulte.

Cheikh Ibn Bâz-qu’Allah lui fasse miséricorde- a répondu à une question au sujet de la situation de celui qui insulte la religion en disant : «C’est une affaire grave et une chose dangereuse car insulter la religion fait partie des grands péchés les plus graves et des annulatifs de l’Islam ; insulter la religion est certes une apostasie chez tous les gens de science et c’est plus grave que la moquerie». [Nour ‘alâ ad-darb, 4∕146].

Et en raison de la sévérité du caractère criminel d’insulter la religion, les savants de l’Islam -au même titre qu’ils sont unanimes quant à la mécréance de celui qui insulte- sont unanimes quant au fait qu’il mérite d’être tué et ils n’ont pas divergé à ce sujet mais n’ont divergé qu’au sujet de l’acceptation de son repentir et si son repentir –s’il s’est repenti- l’empêche d’être tué ou pas ?

Il y a deux avis connus chez les savants à ce sujet.

Et Ibn Abî Zayd Al-Qîrawânî le malékite (d.386 H) fut questionné au sujet d’un homme qui a maudit un autre homme et qui a maudit Allah avec lui et qui dit en s’excusant : «Je n’ai voulu que maudire Satan mais ma langue a fourché».

Ibn Abî Zayd dit en guise de réponse : «Il est tué en fonction de sa mécréance apparente et son excuse n’est pas acceptée et ce qu’il plaisantait ou qu’il était sérieux». [Rapporté par Al-Qâdî ‘Iyâd dans ‘Ach-Chif☒, 2∕271].

Tout ceci afin que la religion reste protégée, loin d’être touchée par les langues des sots par un mal ou une offense et afin que les mains répressives ne soient pas dans l’incapacité d’appliquer le châtiment à ceux qui le méritent et (pour éviter) que les plumes des muftis et les jugements des juges deviennent laxistes et ne déclarent pas le caractère criminel de celui qui insulte Allah et insulte Sa religion et méprise Sa législation.

Le phénomène de l’insulte fait partie des crimes les plus sévères et les plus dangereux qui se sont répandus dans la société des gens de l’Islam à l’Est et à l’Ouest et c’est devenu –malheureusement- la marque de régions spécifiques de la terre de notre patrie et lorsque la foi a faibli dans les cœurs et la barrière des bonnes mœurs a disparu des esprits, ce phénomène s’est infiltré dans les demeures et dans les écoles et dans les centres d’apprentissages sans parler des rues et des lieux de travail et des terrains de jeu et des marchés. Et le démon de l’insulte –comme l’a appelé Al-Ibrâhîmî- s’est mis à chevaucher tout individu en colère ou en dispute ou en débat et certains d’entre eux sont passés maîtres dans l’invention de leurs paroles et les langues les balbutient sans répression ni barrière et les ouïes s’y habituent et les petits les apprennent des grands  et il se peut même que des excuses soient trouvées à celui qui insulte et que ses besoins soient satisfaits et que ses demandes soient exaucées et que son autorité et sa colère soient craintes.

Et ceci est l’un des plus grands malheurs ! Que les âmes croyantes ne se mettent pas en colère pour Allah et qu’elles n’éprouvent pas de la jalousie pour Sa religion et Sa législation et n’empêchent pas la langue et les mains de ce menteur dont le crime est plus grand que tout autre crime ou tout autre grand péché commis par un groupe de gens réunis.

Et plus terrible que tout cela, si la déclaration de ces insultes et leur profération par les langues se limitait aux trottoirs des rues et aux tribunes des terrains de jeux et dans les ruelles des marchés car ils sont remplis de la lie de la société, les canailles, les ignorants, les sots, l’affaire serait plus facile (moins grave) –et elle est grave !- mais que cela soit proféré par les parents ou l’un des parents et que les enfants l’entendent dans sa maison et sous son autorité et que cela émane de l’enseignant envers ses élèves qui sont assis sur les chaises de l’apprentissage et dans les niches de l’éducation et que cela émane du responsable dans le complexe de son travail, qui prononce un discours aux gens présents puis que son insulte de la religion soit diffusée par les médias et que l’écoutent ceux qui suivent les informations et les évènements puis qu’il n’y ait ni condamnation ni blâme ni mise en demeure ni excuse ; cela se traduit clairement par le fait que la calamité qui touche la religion est pour ces gens moins grave que la calamité qui touche les affaires mondaines.

Et si un autre emblème parmi les emblèmes avait été offensé, l’état d’urgence aurait été décrété et toutes les personnalités et toutes les organisations auraient bondi pour désapprouver et faire des reproches et afin d’enquêter au sujet des circonstances de l’évènement et au sujet de ceux qui sont les instigateurs en coulisse parmi ceux qui ont des orientations idéologiques et sectaires…

Pourquoi donc cette lâcheté et ce laxisme dans la défense de la religion d’Allah et de Sa législation ?! La religion de l’Islam est le premier constitutif de l’identité de la communauté comme cela est stipulé dans toutes les constitutions que notre pays a connues.

La communauté sérieuse est celle qui frappe d’une main de fer ceux qui sont tentés par leurs âmes de s’en prendre au fondamental le plus précieux et le plus élevé et c’est sa religion qui est la source de sa puissance et de son existence et de sa pérennité et qui incrimine tout oppresseur et tout agresseur dont le cœur malade et la langue indécente lui dictent de dénigrer et d’offenser la religion d’Allah de manière intentionnelle ou par ignorance.

Et la patrie est bâtie comme le sont les demeures, par la cohésion des fondations et des murs et son fondement est cette religion sublime et ses murs sont ses membres qui vénèrent cette religion et la protègent et qui ont de la jalousie quant à leur religion et les jeunes en sont les constructeurs comme Cheikh Bachîr a représenté la jeunesse d’Algérie dans ses mémoires  lorsqu’il a dit : «Je la représente comme le constructeur de la patrie sur cinq (choses) comme la religion fut bâtie avant elle sur cinq (choses) : l’insulte est le défaut de la jeunesse, et le découragement corrompt la vigueur, et les espoirs ne sont pas concrétisés sans les actions, et l’utopie son début est une saveur délicieuse et sa fin est une perte, et on ne sert pas les patries en suivant les pas de Satan». [Al-Âthâr, 3∕517].

Et il dit en guise de mise en garde contre les manières d’insulter qui sont enseignées aux jeunes : «Entraîner les jeunes à l’injure et à l’insulte est un crime qui ne peut être pardonné … La jeunesse de la communauté est certes son sang nouveau dans sa vie, et donc ce qui est obligatoire c’est de protéger ce sang des éléments corrupteurs et ce qui est obligatoire c’est que se traduise en eux la pureté et la vertu et le bien et c’est qui est aussi obligatoire c’est que leurs langues soient éduquées à la véracité et à dire la vérité et pas à la vulgarité ni aux paroles vicieuses». [Al-Âthâr, 3∕67].

 

 

Traduit par Mehdi Abou ‘Abdir-Rahmân.