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La Salafiyya et les calomniateurs

  • Toufik Amrouni
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Écrit par le cheikh

Toufik AMROUNI

Traduit de l’arabe par

Hassane Ben Mouhammed

Relu par : Aboû Fahîma ‘Abd Ar-Rahmên

 

Il est indubitable que nous vivons aujourd’hui une époque qui n’a pas été précédée, dans l’histoire des humains, par une autre époque similaire dans le formidable développement, industriel et cognitif.

D’ailleurs, les moyens de la science, de la connaissance et de la communication y sont rendus faciles d’une façon étonnante et effroyable que les gens n’ont jamais connu auparavant. Sauf que ceci n’a pas empêché que les repères de la sage Religion soient effacés, qu’une partie considérable de la Science authentique soit oubliée, et que  l’ignorance de la Religion et de ses jugements couvre les raisons de tant de musulmans, au point qu’ils ne font même plus la différence entre la vérité affirmée par la preuve et le faux dénudé de preuve.

Parmi les causes qui font que la vérité soit cachée et emmêlée pour les gens, est le fait que la Sagesse d’Allâh -Glorieux et Majestueux Soit-Il- implique qu’en faisant exister celui qui appelle les gens à la vérité et la défend, fait également exister celui qui lutte contre elle et la repousse.

Et lorsque l’étendard de la réforme et le slogan de la destruction du faux sont dressés, il y aura certainement des gens qui vont lui dresser des bornes et lui ériger des édifices. Ainsi, est-elle la sagesse d’Allâh dans Son univers et Ses créatures. Elle n’accroît en celui qui a droit que raffermissement, dureté, détermination et droiture. Allâh Très Haut Soit-Il a dit «Ainsi, à chaque prophète avons-Nous assigné un ennemi : des diables d'entre les hommes et les djinns, qui s'inspirent trompeusement les uns aux autres des paroles enjolivées. Si ton Seigneur avait voulu, ils ne l'auraient pas fait ; laisse-les donc avec ce qu'ils inventent. » El Ancêm (Les Bestiaux) V. 112. Le Très-Haut a dit également « C'est ainsi que Nous fîmes à chaque prophète un ennemi parmi les criminels. Mais ton Seigneur suffit comme guide et comme soutien. »  El Fourqân (Le Discernement) V. 31.

Ainsi, les adversaires de la prédication salafie[1] bénie ont foisonné, ses contradicteurs ont eu l’emprise et la parole de ses opposants, parmi les gens de la qibla et autres, se réunissant pour la viser d’un seul arc. En effet, ils ont lâché la bride à leurs langues et leurs plumes. Ils n’ont laissé, de ce fait, aucun défaut, ni insulte, ni carence, ni toute autre chose, qui enlaidit et n’embellit pas, sans la coller à la prédication salafie et aux salafis. Cela au point qu’ils ont illusionné des gens naïfs que cette prédication bénie est la cause de toute calamité et malheur qui arrivent à la communauté islamique ; et qu’elle est une invitation au passéisme, au renoncement aux causes de la civilisation et à tuer les talents ! Et qu’elle mène une guerre contre la raison et la créativité, qu’elle est un symbole pour le fanatisme et l’exagération, ainsi que d’autres vaines accusations et de piètres mensonges.  

En fait, cela n’est pas surprenant. D’ailleurs, la prédication de la vérité, au cours de toutes les époques, est affrontée avec une ignoble inimitié et une dure opposition de la part des partisans des équivoques, des suivistes des désirs et des prisonniers de la passion, car elle est, pour eux, un danger qui défait leurs sommeils, dissipe leurs trônes et détruit leurs armes ; parce qu’elle délivre les cœurs des gens, libère leurs raisons de la prison de la passion et de la tentation des équivoques et des superstitions, et les guide vers l’horizon du Tawhîd et de l’adoration d’Allâh, Seul : Le Seigneur des univers ; et les conduit vers le vaste et accueillant suivi du Messager d’Allâh -prière et salut d’Allâh sur lui-. Sans nul autre que lui.

Et s’ils se ralentissent, ces personnes qui traitent injustement, ignorantes ou faisant semblant d’ignorer, qui parlent et écrivent avec des humeurs provocatrices et exaspérantes, vides de l’âme de la science et de l’éthique de ses détenteurs, il leur sera certainement apparu que cette prédication n’est autre chose que celle du Prophète -prière et salut d’Allâh sur lui- de et ses honorables Compagnons et ceux qui les suivent parmi les éminents imams ; parce que le sens de la Salafiyya est, succinctement, une invitation à l’islam avec quoi Allâh -Très Haut Soit-Il- avait envoyé Son Honorable Messager -prière et salut d’Allâh sur lui-, et qu’il avait appliqué avec ses nobles Compagnons -qu’Allâh les agrée-, et de proscrire tout ce qui s’oppose à cet islam authentique, pur et net. Mais, il est tellement ignoble qu’une personne noircisse un papier en disant : « cette Salafiyya, que certains gens veulent qu’on délaisse notre islam pour elle. » Pourtant, la Salafiyya est-elle une chose autre que l’islam ?! Est-ce les prédicateurs de la Salafiyya veulent de toi autre chose que l’islam ?! Bien au contraire, leur prédication est comme l’a dit le Cheikh Ibn Bâdîs -qu’Allâh lui fasse miséricorde- dans une partie de ce qu’il avait écrit sur « l’Association des oulémas musulmans algériens » : «  et nous, il est certain que nous invitons à [une chose] ancienne en Religion, son fondement est la véridique révélation et l’infaillible raison, et non à une nouveauté [religieuse] parmi les opinions innovées et les passions qui égarent. »   

En dépit de ce qu’elles seraient les incitations de ces personnes qui traitent injustement ; ceci, en effet, ne cautionne pas leur attaque et leur mise en doute contre l’intégrité de la voie de cette prédication, de calomnier ses érudits, de rendre insensés ses oulémas et de diffamer ceux qui appartiennent à elle. Ainsi, ils attendent un revers de fortune, suivent les fautes et épient les méfaits, pour qu’ils bâtissent sur cela les hauteurs et les gratte-ciel ! Cela étant, il n’est nullement juste qu’on impute à la Salafiyya une erreur d’un savant salafi, non plus une faute où y a tombé un de ses prédicateurs et non plus encore un comportement impoli conduit par un des salafis lambda. Aussi, il n’est pas juste que tout celui qui prend la Salafiya comme nom soit considéré comme un salafi, même s’il est à côté des fondements de cette prédication, de ses règles et de sa voie.

À cet effet, nous leur dirons : certes, cette prédication bénie ne sera jamais atteinte [de nuisance] par la négligence d’un indolent ou par l’erreur d’un fautif ou par le péché d’un pécheur. Ainsi, la religiosité et l’objectivité devraient vous inculquer, ô furieux antagonistes, d’être justes et impartiaux dans vos dires et vos jugements, afin que vous ne soyez pas injustes et iniques, et donnerez, à ce fait, un jugement contre la Prédication sous la lumière du comportement de quelques uns de ses membres, qui appartiennent à elle. D’ailleurs, si l’affaire était ainsi, on jugera donc l’islam d’un jugement qui n’est pas agréé eu égard du mauvais comportement de quelques uns de ses membres qui ont enlaidi sa beauté et sa pureté, et falsifié ses croyances et ses fondements. De la sorte, juger l’islam est une chose, et juger ceux qui lui appartiennent en est une autre. D’ailleurs, il en est parmi eux qui font du tort à eux-mêmes, d’autres qui se tiennent sur une voie moyenne, et d’autres qui devancent [tous les autres] par leurs bonnes actions.

Certes, la Salafiyya est en désaveu de tout celui qui calomnie les Imams de la Religion et les Oulémas des musulmans, les précédents ainsi que les contemporains. 

La Salafiyya désavoue toute pensée takfirite (c'est-à-dire, celle qui légitime l’excommunication et l’anathématisation de tous les musulmans qui font les grands péchés) et kharidjite (celle qui légitime le fait de sortir de l’obéissance aux gouverneurs) renégate.

La Salafiyya est affranchie de toute pensée exagérée et fanatique qui appelle à tuer les musulmans, effuser leur sang et rendre licite le viol de leur honneur et de leur argent.

La Salafiyya est, enfin, en désaveu de tout celui qui fausse la religion, et qui est impudent à l’égard des jugements de la pure charia. 

Donc, quiconque veut critiquer ou objecter, il est de son devoir, avant toute chose, de faire venir à son esprit l’image de sa présentation entre les Mains de son Seigneur -Glorieux et Majestueux Soit-Il-. Parce qu’Allâh -Très-Haut Soit-Il- l’interrogera inévitablement sur son intention, tout en étant Plus Savant sur sa condition. Puis, il lui sied de parler avec Science -et la Science est soit un Texte sacré véridique venant d’un infaillible, soit un dire qui repose sur une preuve connue- avec ponctualité, justice et équité ; qu’il conçoit l’affaire avant de la juger : il ne s’efforce pas sur ce qu’il ne maîtrise pas, il ne se lasse pas pour ce qu’il ne peut parfaire, il évite la calomnie et la diffamation, il délaisse l’incrimination et la malédiction de côté, il abandonne le fait de terrifier, de dénigrer et d’insulter. Allâh -Très Haut Soit-Il- a dit « Et quand vous parlez, soyez équitable même s’il s’agit d’un proche » El Ancêm (Les Bestiaux) V. 152. Ainsi, l’argument sera battu par un autre argument, et la preuve sera confrontée par une autre preuve. Jadis ils ont dit : « parle avec science ou tais-toi avec indulgence. »

Certes, cette prédication bénie et bénéfique dont les signes sont connus, dont les repères sont répandus et manifestes, dont les arguments sont dominants, qui avance jusqu’à ce que l’Heure vienne, son élan ne sera pas repoussé par la sédition des mutins, ni par la parole des dénigreurs ; en revanche, le mutisme des gens de la vérité à ne pas repousser ces faussetés et ces mensonges, n’est pas à cause de l’ignorance et de la faiblesse, mais à cause d’une sagesse et d’un besoin dans les esprits. Ô, la sublimité est à Allâh lorsque le poète dit :

Le souffle du cobra silencieux

Ô toi qui nous fais une inspiration !

Combien de parole se dit dans le mutisme

Nous ne nous sommes pas tus par faiblesse

Comme la toile d’une araignée

Te sera une demeure parmi les maisons 

Ainsi, il incombe à toutcelui qui veut le bien, pour lui-même et pour sa communauté :  

- d’emprunter, dans tous ses états, le chemin de la droiture et de l’équité ;

- de s’écarter du chemin de la transgression et de l’oppression ;

- de savoir que le Faux ne dure pas.

Ishêq ibn Râhawiya avait écrit à Aboû Zer‘a ce qui suit : « que le Faux ne t’impressionne pas, car il est certain qu’il a une croisière puis il s’effritera »  [Introduction au crédit et au discrédit, p. 342.]

Enfin, Allâh est invoqué pour qu’Il nous fasse voir la vérité telle qu’elle est, et nous assistera à la suivre ; pour qu’Il nous fasse voir le faux tel qu’il est, et nous aidera à l’éviter, Il est Le Meilleur à invoquer et Le Plus Généreux auquel on aspire. Nulle puissance et nulle force, sauf avec l’Aide d’Allâh Le Très-Grand.         



[1] Lire à ce sujet le communiqué, très instructif, intitulé La Salafiyya est-elle un danger pour l’Algérie ?, écrit par un groupe de prédicateurs algériens et disponible dans cette rubrique.